Les petits bonheurs

La vie est là, qui transcende, avec sa force incomparable :
  • Fédérer un entourage, parfois un peu en retrait, mais néanmoins participatif, en projetant des réceptions impromptues, peut être réconfortant.
Les autres, amis ou autres membres de la famille, les organiseront pour vous, avec plaisir et minutie, dans l’idée du partage de moments « comme avant », faisant oublier l’incrustation douloureuse du « être différent ».
  • Retenir un spectacle, en organiser le déplacement,
  • Programmer un voyage,
  • Préparer des vacances,
Bref la vie est là, toujours là, presque comme avant. « Pour combien de temps » devient une réflexion dénuée de sens, si les projets existent.
Quelle étonnante maladie où caracolent l’angoisse, l’envie d’en finir et cette encore vivace soif de vie !
Quelle étrange maladie, soudant ou éloignant les couples.
Elle fait de cette relation le pivot d’une vie encore possible avec cette utilité affective au centre de la relation.
Cette relation de couple peut aussi devenir tout simplement insoutenable, avec cette charge pesamment ressentie et la résurgence de contentieux douloureux.
Quelle insupportable maladie pour des enfants aimants mais parfaitement impuissants dans cette tourmente.
Quelle effroyable maladie pour des adolescents, avec l’image de ce parent épuisé et l’inévitable responsabilité qui leur incombe avec une organisation de vie tellement douloureuse !
Enfin, dans l’esprit de chaque malade, pétri d’une culture où la faute et la sanction sont intimement liées, comment ne pas évoquer ce « pourquoi moi, qu’ai-je fait pour mériter cette punition qui m’est affligée ? ». Bien sûr cela n’a rien à voir avec le « j’ai bien vécu, beaucoup fumé, n’ai pas toujours été un bon père, un bon mari, une bonne épouse… ».
Pourtant, toujours à un moment ou un autre, ce balayage des actes en marge, revient à l’esprit, avec ce sentiment de totale injustice.
« L’égalité des chances », slogan politique largement martelé, a-t-il encore un sens pour ces patients ?
La vie avec ses petits bonheurs :
  • Une vie bien remplie où des petits bonheurs possibles, denses et signifiants, ne manquent pas.
  • Une vie avec un réarrangement des valeurs jusqu’alors admises, et le relief nouveau qu’elles prennent.
  • Une vie relationnelle vivace.
  • Une vie sentimentale toujours possible, grâce à cette étonnante métamorphose en tendresse, de l’amour débarrassé de sensualité.
  • Une vie familiale chaleureuse toujours actuelle.
Ceci est possible grâce à vous l’aidant, avec cette complicité dans la maladie, cette énergie inébranlable nourrie d’espérance.