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| Un traitement particulier : la gastrostomie |
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Le malade atteint de Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) par perte musculaire, par diminution des apports dus à la fatigue provoquée par le processus altéré de déglutition, par peur des fausses routes, limite spontanément et inconsciemment ses apports nutritionnels.
Ceci amène à une dépense énergétique insuffisamment couverte pouvant conduire à la dénutrition. La dénutrition fragilise l’organisme au niveau de ses défenses immunitaires avec leurs répercussions au plan respiratoire. Elle altère aussi la fonction motrice. La Nutrition Entérale (NE) par voie de gastrostomie est un moyen aisé de vous nourrir de façon équilibrée afin de couvrir vos dépenses énergétiques qu’on sait, rappelons le, importantes. Cette perspective parfois difficile à envisager vous permettra pourtant de mener une vie normale car :
On sait aussi que vous ne devez pas maigrir. Votre alimentation doit être complète, et variée. QUAND PASSER A LA NE ? Les neurologues assistés de diététiciens ou de nutritionnistes savent parfaitement quand vous proposer cette technique d’alimentation par sonde gastrique. Un travail précis sur ce point, dirigé par le Pr Clavelou de Clermont-Ferrand, a bien montré l’intérêt de cette technique et de son installation relativement précoce. LA POSE DE LA SONDE Elle est reliée à l’estomac ou plus rarement à une partie de l’intestin grêle, le jéjunum. Trois techniques nécessitant une courte hospitalisation peuvent être envisagées:
Qui dit anesthésie dit :
Que se passe t-il au niveau de l’abdomen ? Il apparaît un tube qui n’est autre que la portion finale de la sonde où pourra se visser :
Le dispositif possède un petit clapet anti retour. Il est pratiquement invisible et nécessite à l’utilisation, l’emploi d’un prolongateur de raccordement. Tous les matériaux composant le dispositif allant de la peau à l’estomac ou au jéjunum sont stériles lors de leur implantation, et testés pour leur compatibilité et inertie vis-à-vis des tissus (peau, muscle...) avec lesquels ils sont en contact. BRANCHEMENT En principe ce sont les infirmières qui le réalisent. Néanmoins il s’agit de gestes simples que nous conseillons à votre conjoint d’apprendre à l’hôpital. Il peut être amené à réaliser le branchement. D’une façon générale, en raison de possibles problèmes respiratoires, il est préférable pendant l’alimentation et une heure après l’arrêt de celle-ci que le malade demeure en position assise ou semi-assise. Cette exigence peut orienter vers une administration diurne. SURVEILLANCE ET COMPLICATIONS
- Le malade présente une constipation, phénomène fréquent chez ces patients, on augmentera l’apport hydrique et en fibres. - Le patient présente de la diarrhée : les mélanges un peu trop concentrés peuvent entraîner une diarrhée. On vérifie qu’elle n’est pas associée à de la fièvre. Le médecin doit être informé rapidement de cet état. On peut être amené à stopper la NE pendant 24H pour normaliser. - Au début de la NE peuvent survenir des problèmes de tolérance aux nutriments. Une surveillance biologique s’impose alors. D’ailleurs des contrôles biologiques à intervalles réguliers seront prescrits afin de se garder d’une éventuelle hyponatrémie (insuffisance en sel), les mélanges étant souvent relativement pauvres en sodium. Cette complication peut survenir en cas d’une NE prolongée. Il est nécessaire de surveiller l’apport en vitamines et oligo-éléments souvent trop faible. Des ajouts systématiques sont souvent envisagés. Des complications d’ordre mécaniques peuvent survenir - Obstruction de la sonde résultant de rinçages insuffisants. On passera par la seringue de l’eau pour préparation injectable (eau PPI) tiédie. Bien vérifier que la température n’est pas excessive car elle risquerait alors de brûler les tissus. Il s’agit de profiter de la chaleur et du remarquable pouvoir dissolvant d’une eau déminéralisée donc particulièrement « décapante ». On peut aussi utiliser l’élixir de papaïne. On peut pousser un peu de coca-cola mais surtout pas du light et laisser agir quelques instants. ADMINISTRATION DE MEDICAMENTS PAR LA SONDE L’administration de médicaments par la sonde implique qu’ils soient totalement solubilisés ou réduits en poudre très fine avec un rinçage important, au moins 50ml d’eau PPI, pour éviter les dépôts sur les parois. Ce mode d’administration des médicaments réclame une connaissance précise de ceux-ci. Certains principes actifs de comprimés ou de contenu de gélules mélangés à l’eau peuvent former des substances visqueuses voire insolubles dans l’eau. Le principe actif peut être dégradé dès l’ouverture de la gélule. Le principe actif peut être toxique et impose alors de grandes précautions au manipulateur. L’absorption de certains médicaments est augmentée ou diminuée par l’absorption simultanée de nutriments. Il NE FAUT JAMAIS Utiliser de guide métallique pour « ramoner » la sonde car on risque de la perforer. Utiliser une solution de liquide vaisselle pour nettoyer la sonde. EN RESUME
EN CONCUSION
Texte rédigé avec l’aide de la Société Française de Nutrition Entérale et Parentérale (SFNEP) et validé par Mme M. Brun, infirmière centre SLA Limoges. |
