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| Un quotidien transformé |
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Mais la SLA va envahir le domicile et la vie de tous les jours. Elle est là, bien présente, au cœur des préoccupations du conjoint, de la mère, voire de l’enfant.
C ompte tenu de l’âge des patients, l’enfant a souvent quitté la maison familiale pour organiser sa propre vie avec son foyer, ses propres enfants, son travail, sa carrière…Ses interrogations seront d’une autre nature, centrées d’avantage sur la durée de la maladie et les moyens possibles d’un hébergement correct de ce parent aimé, mais devenu envahissant, et auquel il est impossible de faire place, au sein de cette jeune famille, pourtant aimante et responsable. S i le foyer familial est composé de jeunes enfants adolescents, il est important que soit respectée « l’insouciance » de leur âge en dépit des difficultés à vivre cette situation.Le parent malade sait bien que ses adolescents ne doivent pas devenir ses « auxiliaires de vie », qu’ils ne doivent pas porter la responsabilité d’une assistance quelconque, et au contraire vivre la vie de leur âge sans que le poids de sa dépendance ne pèse sur leurs jeunes consciences. Les patientes (car il s’agit plus volontiers d’elles) dans cette situation, parfois seules avec de jeunes enfants, ont du mal à organiser une vie, dominée par leur maladie et ses exigences, au sein d’un entourage affectivement atteint et touché par la responsabilité qui lui incombe. C ette incursion de la maladie dans la vie quotidienne modifie tous les paramètres et tous les repères personnels, familiaux, sociaux.Peu à peu en vous s’établit un divorce au sein du «bon ménage fusionnel» entre l’esprit et le corps, ce corps jusqu’alors obéissant, objet de fierté par son aspect et ses performances minutieusement entretenus. La maladie, responsable de perturbations de l’image corporelle, rend vulnérable, fait perdre confiance, par simple perte des repères jusqu’alors établis sur un corps fort et désirable. T ous les efforts vont consister à transformer ce handicap en atout, à ne pas baisser les bras, à écouter son corps pour ne pas subir la maladie, en lui opposant cette force d’exister, nourrie de projets, et en construisant un devenir possible, en dépit de cette « honte » dont parle Hélène Brocq, psychologue clinicienne au centre SLA de Nice.Cette dépendance qui s’installe insidieusement mais inexorablement conduit à un sentiment de déchéance d’autant plus aigu que notre mode de fonctionnement actuel est basé sur le « jeunisme », à l’identité forte, marqué par la violence et la recherche permanente de la beauté, à coups de bistouris ou d’injections diverses pour retarder l’apparition d’une dégradation du corps. Or ce patient va aussi vivre cela ! D épendance pour les actes les plus intimes, Chacun de nous se projette sur l’avenir par l’envie de réalisations importantes :
La vie va devoir s’organiser avec cette nouvelle charge émotionnelle, matérielle, ponctuée par les visites – sentences - tous les 3 mois, auprès du neurologue. La perte de force et de capacité à se mobiliser est bien perçue par le patient. Le constat clinique appréhende aussi l’atteinte respiratoire se traduisant en capacité vitale (voir santé, troubles respiratoires), dont le score est de toute première importance. Le patient averti guette ce résultat, même si la précision n’est que relative du fait de l’impossibilité, bien souvent rencontrée, de serrer assez l’embout buccal de l’appareil explorateur, afin d’assurer l’étanchéité nécessaire à la précision de la mesure. Cette perte de mobilité occasionnée par la destruction de ces bizarres cellules appelées motoneurones qui gèrent la commande du geste, va entraîner bien d’autres désagréments, pour certains même capables de faire faussement croire à une détérioration intellectuelle par altération de l’image. |
